14 nov. 2011

Dernière séance, retour au bercail

Aujourd'hui a eu lieu la dernière séance d'entraînement prévue avant mon retour au pays. Elle a été particulièrement intéressante, parce que Morisaki Sensei m'a fait part de son "top 10" (il n'y en avait pas vraiment 10, mais bon, vous comprenez...) des choses à enseigner aux étudiants de différents niveaux. J'ai vraiment apprécié de revoir ainsi certaines des choses qu'il m'a enseignées au cours des années; avec le recul, j'ai pu constater comment chaque nouvelle connaissance s'imbriquait dans la même trame, constituant un tout harmonieux... Le plus impressionant est la manière avec laquelle il arrive à doser l'enseignement en fonction de la capacité d'absorption de chacun de ses élèves, sans toutefois se montrer paternaliste. J'espère un jour arriver à transmettre aussi bien que lui mon savoir à mes propres élèves.

Je suis bien triste de devoir partir, et je me demande bien quand je pourrai de nouveau recevoir l'enseignement de Morisaki Sensei, de Makimoto Sensei, et de Nishino Sensei. Tous les trois m'ont dit qu'ils viendrait à Repentigny (ou Montréal) si je les appelais pour un séminaire intensif, et je leur ai assuré que je le ferais dès que les conditions (surtout budgétaires...) seront réunies. Bob Davis Sensei m'a suggéré que la chose était envisageable dans un avenir proche; j'espère que les kenshi (剣士; les pratiquants de l'art de l'épée, ce qui inclut les iaidoka et les kendoka) de la région et d'ailleurs seront au rendez-vous!

Allez, on remballe tout et on y va.

31 oct. 2011

Des nouvelles du Taikai

Au lendemain du Taikai annuel à Osaka, voici les nouvelles.

Tout d'abord, la compétition
J'étais inscrit dans la catégorie des 5e dan, qui comptait environ 50 participants. Ma première expérience, il y a environ 5 ans, avait été une déconfiture royale, notamment à cause de mon manque de concentration. (Ah! le stress!) Cette fois-ci, j'ai donc mis l'accent sur le contrôle et l'exactitude des mouvements, chose que j'ai réalisée par une exécution à basse vitesse. En bref, j'ai tout misé sur le "Sei" de "Sei-Soku-Kyo-I" (正速強威; Exactitude-Vitesse-Force-"Intensité"). Mon premier adversaire n'a pas fait le poids, mais le deuxième a eu raison de moi. C'est d'ailleurs lui qui a remporté le premier prix dans notre catégorie.

Hansei (反省; "remords" ou "post-mortem")
Les commentaires de Morisaki Sensei résument bien l'ensemble des critiques (positives et négatives) que j'ai reçues: le contrôle (beaucoup de Sei) que j'avais était évidement, et je n'ai pas fait d'erreur technique notable. Cependant, mon exécution à basse vitesse (très peu de Soku) pouvait laisser croire que je n'avais que peu de force (Kyo), ce qui a sapé la plupart de mon "intensité" (I). Si j'avais exécuté mes waza comme je le fais au dojo, j'aurais peut-être pu battre mon deuxième adversaire, car s'il n'a pas fait d'erreur remarquable, sa performance n'était pas exceptionnelle.

Cela dit, il était lui aussi sous le feu de la rampe, mais il a quand même réussi à contrôler son niveau de stress jusqu'à la fin...

Bon. On réessaiera dans un an ou deux.

Shodan Shinsa (昇段審査; Évaluation pour le passage des grades)
C'est en après-midi qu'a eu lieu l'évaluation pour le passage des grades. J'ai passé un examen technique devant un groupe de 5 juges, qui évaluaient 6 iaidoka en même temps. L'examen consistait en l'exécution de 5 waza, dont une était déterminée (Zengo giri, de la série Toho). J'ai complété ma liste par Yaegaki, Tsukekomi, Inazuma et Iwanami. Tout s'est très bien déroulé pour moi, puisque l'examen portait d'abord et avant tout sur l'aspect technique de l'exécution; comme je n'ai fait aucune erreur, et que mon enchaînement, mon rythme et mon zanshin étaient corrects, c'était dans la poche. J'ai donc maintenant le rang de 6e dan de la Zen Nihon Iaido Renmei, tout comme la plupart des directeurs de la Canadian Iaido Association.

Le meilleur (et le pire) du Zenkoku Taikai
Participer au Taikai annuel est une expérience à la fois très enrichissante, mais aussi très frustrante. On en sort grandi par toutes ces démonstrations techniques vraiment, vraiment incroyables (je pense notamment à celle de KUNII Erika Sensei, de Hokkaido) et les perles de sagesses comme celle dont Honmyo Sensei, de Hiroshima, m'a fait part ("Ne regarde pas les autres pour trouver ce qu'ils font de mauvais; tu connais toutes ces erreurs parce que tu les as commises toi-même. Cherche ce qu'ils font de bien, parce que c'est ce que tu n'es pas encore capable de faire.")

Par contre, il faut bien admettre que le Taikai n'est qu'un lieu de compétition, car la chose politique est omniprésente. Et il faut y participer avec une bonne dose de philosophie: un des résultats des compétitions où les résultats dépendent entièrement de la décision de trois juges, c'est qu'on peut voir un concurrent défait pleurer des larmes amères, alors que l'adversaire avait pourtant fait de grossières erreurs...

Et je ne parle pas de ceux qui veulent manipuler les hiérarchies par des déclarations carrément mensongères, comme celui (qui restera sans nom) qui voulait élever son disciple au-dessus de moi en disant que je commettais une erreur de débutant (Shinite (死手; la main morte)). Par chance, les personnes présentes ont vu à travers son jeu, et les vidéos de mes performances sont là pour rester. Mais on peut imaginer comment de telles scènes peuvent changer les relations dans l'univers ultra-hiérarchisé des arts martiaux japonais...

Le mot de la fin
Je suis bien content d'avoir participé à la compétition et encore plus de toutes les choses que j'y ai apprises. J'ai bien hâte de retourner au pays pour en parler avec mes élèves. J'espère qu'ils auront assez de détermination (et les sous...!) pour y participer un jour. Ils y trouveront sans doute eux aussi de nouvelles bases pour grandir davantage.